Qu’est-ce que je veux me faire vivre?

Ça y est, c’est la rentrée.

Je ne sais pas si c’est un réflexe qui nous reste de nos années d’école, mais septembre continue à avoir sur moi cet effet très particulier. Nouvelle classe, nouveaux profs, nouveaux cahiers… nouvelle chance de recommencer. Même des décennies plus tard, je ressens toujours cette impression de ligne de départ, cette envie de remettre quelques cartes à plat et de décider ce que j’ai envie de faire des mois qui viennent.

Mais cette année, la rentrée a pour moi une saveur un peu différente.

Ma situation professionnelle est, disons… en suspens. Après un été très calme, je me retrouve face à une rentrée qui s’annonce elle aussi plutôt calme. Et je découvre que, pour quelqu’un qui a passé une bonne partie de sa vie dans les starting-blocks, cette tranquillité n’est pas forcément aussi confortable qu’on pourrait l’imaginer.

Je pourrais très facilement remplir l’espace. Me rendre utile. M’occuper de tout ce qui doit l’être. Et, avec un ado qui vient de rentrer en troisième et une fille qui commence l’université dans quelques semaines, les occasions ne manquent pas. Il y a toujours quelque chose à organiser, anticiper, résoudre. Je pourrais sans difficulté mettre toute mon énergie au service de ma famille en attendant d’y voir plus clair professionnellement.

Et pourtant, je sens très profondément que ce n’est pas ce que je veux faire. Une partie de mon énergie, évidemment. Mais pas toute.

Ces derniers mois, je me suis beaucoup demandé ce que je voulais vraiment pour moi. Et, curieusement, j’ai trouvé cette question beaucoup plus difficile que prévu.

J’ai toujours été une bonne élève. Une bonne fille. Une bonne employée. J’ai appris très tôt à comprendre ce que l’on attendait de moi et j’ai trouvé énormément de satisfaction à y répondre, parfois même à dépasser les attentes. Mettre mon énergie, mon exigence et mes talents au service d’un objectif défini me vient assez naturellement. Et dans des environnements professionnels exigeants, cette manière de fonctionner peut d’ailleurs être formidablement valorisée.

Le problème, c’est qu’à force d’être très douée pour répondre aux attentes, on peut finir par ne plus tellement se demander quelles sont les siennes.

Et je crois que c’est précisément là où j’en suis aujourd’hui.

Non pas dans une grande crise existentielle, rassurez-vous, mais dans un moment où j’ai envie de résister à mon réflexe habituel qui consisterait à remplir très vite le vide avec de nouveaux objectifs, de nouvelles obligations, de nouvelles choses à accomplir.

J’ai plutôt envie de laisser un peu d’espace à cette question : Qu’est-ce que JE veux ME faire vivre ?

Pas : qu’est-ce qui serait raisonnable ? Qu’est-ce qui ferait bien sur mon CV ? Qu’est-ce que les autres attendent de moi ? Même pas : qu’est-ce que je devrais réussir ensuite ?

Mais qu’est-ce que j’ai envie de vivre ?

J’ai d’ailleurs déjà commencé à me poser cette question dans ma vie personnelle. Ces derniers mois, j’ai initié des projets familiaux qui me tenaient à cœur : des travaux dans la maison, des voyages, des célébrations. Des choses très différentes, mais qui avaient un point commun : pour qu’elles existent, j’ai dû exprimer clairement mes envies, prendre le lead et leur faire une place dans notre vie. Personne n’allait spontanément les créer pour moi.

Et cela peut sembler évident écrit comme cela, mais ça ne l’est pas toujours.

Nous sommes nombreuses à savoir prendre nos responsabilités, gérer des agendas complexes, porter des équipes, prendre soin de ceux qui nous entourent. Mais lorsqu’il s’agit de nos propres aspirations, nous pouvons parfois devenir étonnamment attentistes. Comme si nos envies allaient, à force de patience, finir par trouver seules leur place dans notre agenda.

Je crois de moins en moins à cette idée.

Alors, pour cette rentrée, je vais bien sûr continuer à honorer mes engagements professionnels actuels. Je vais être présente pour mes enfants dans cette période de transition importante pour eux. Mais je veux aussi préserver une part substantielle de mon énergie pour préparer la suite. Pour explorer, préciser, essayer. Pour me demander ce que j’ai envie de me faire vivre professionnellement dans les prochaines années — et commencer à créer les conditions pour que cela devienne possible.

Je sais déjà que cela va me demander quelque chose qui n’est pas toujours ma qualité première : de la patience. Mais aussi de la résilience, de l’obstination et probablement une certaine tolérance à l’incertitude.

Finalement, vivre une Big  Job et une Big Life ne consiste peut-être pas seulement à avoir de grandes ambitions ou à remplir sa vie de beaux projets. C’est aussi avoir suffisamment de connaissance de soi, et parfois suffisamment de courage, pour décider lesquels méritent réellement notre énergie.

Et toi, qu’as-tu envie de te faire vivre cette année ?

Blissbizz,
Arli

PS : Si la question « Qu’est-ce que j’ai envie de me faire vivre ? » résonne particulièrement en toi, c’est précisément le genre de réflexion que nous ouvrons dans B. Everything. Prendre le temps de comprendre ce que l’on veut vraiment, remettre ses propres priorités au centre et, surtout, commencer à leur faire une place concrète dans sa vie. Une nouvelle cohorte démarre en septembre. Si tu sens que cette rentrée pourrait être le bon moment pour toi aussi de remettre quelques cartes à plat, écris-nous. Nous serons ravies d’en parler avec toi.